Ex Pharao

Cod.Act propose une réécriture de l’opéra Moses und Aron du compositeur Arnold Schönberg sous forme d’une nouvelle pièce orchestrale dont les paramètres sonores et dramaturgiques peuvent être modifiés en temps réel à l’aide d’un dispositif mécanique composé de câbles et de leviers hydrauliques. Le visiteur devient à la fois chef d’orchestre et acteur de l’opéra.

expositions

2012

  • Crisalide Festival, Performing Arts Festival, Forli (IT)
  • Exposition Cod.Act, Espace Multimédia Gantner, Bourogne (FR)

2010

  • IN-SONORA, VI Muestra de Arte Sonoro e Interactivo, Madrid (ES)

2007

  • Festival Agora, IRCAM, Centre Georges Pompidou, Paris (FR)
  • Galerie Plug-in, Bâle (CH)
  • Semaines Internationales de la Marionnette, Neuchâtel (CH)

2006

  • Homemade Festival, Villa blanche Le Corbusier, La Chaux-de-Fonds (CH)
  • Homemade Festival, Kunstraum Walcheturm, Zürich (CH)

presse

Journaux

description

Moses und Aron

Entièrement basé sur le système dodécaphonique l’opéra d’Arnold Schönberg est un équilibre magnifique entre la rigueur du système sériel, la dialectique du chant et du parlé-chanté (Sprechgesang) et les subtiles polyphonies vocales et orchestrales. La structuration du discours, la réflexion religieuse et l’orchestration s’accordent avec perfection en un véritable chef d’oeuvre lyrique et musical. Moïse reçoit l’ordre divin de convertir le peuple d’Israël au «Dieu unique, éternel, omniprésent, invisible et inconcevable». Mais Moïse se voit incapable de communiquer cette idée. Pour convaincre le peuple il a besoin du pouvoir de séduction de son frère Aaron. Hélas Aaron va trahir leur foi commune. Devant le mont Horeb, où Moïse reçoit les Dix Commandements, il offre au peuple révolté le Veau d’Or. Moïse est brisé.

L’idée

Toute la structure narrative de l’opéra s’articule autour d’une confrontation entre les deux prophètes et le peuple d’Israël puis entre les deux prophètes eux-mêmes. Chacun défendant sa position, il en résulte un face à face intense, une alternance de doute, de déception, de fascination et de résignation qui sont représentés par une dramaturgie musicale d’une richesse extraordinaire. Néanmoins, la savante complexité de la partition et l’abstraction du récit font oublier quelque peu la dimension humaine et passionnelle du débat, des personnages et du combat qu’ils mènent pour communiquer leur foi. Le scepticisme du peuple, mêlé à la fascination que le charme d’Aaron exerce sur lui, la lassitude et le déchirement de Moïse, l’hystérie collective face au retour des Idoles sont les éléments poignants d’un drame collectif. L’écoute de plusieurs interprétations, notamment celle de Georg Solti qui par son élan et sa couleur a réussi à donner à l’oeuvre une vraie force dramaturgique, nous a montré une voie et nous a donné envie d’aller plus loin encore : imaginer l’opéra sous forme d’une installation, offrir au visiteur intéressé une relation multisensorielle et physique avec l’oeuvre, lui donner le rôle à la fois d’acteur et de chef d’orchestre.

Ex pharao

Moses und Aron est un chef d’oeuvre d’une telle perfection qu’il était exclu d’y intervenir pour l’adapter à un quelconque système interactif. Nous avons donc procédé à une réécriture de la partition sous forme d’une nouvelle pièce orchestrale et emprunté à l’opéra uniquement sa structure (déroulement et contenu des scènes) et les répliques des deux prophètes. La création de la pièce s’est faite dans le souci de restituer au mieux le caractère original de l’oeuvre. Nous avons choisi, à l’instar du sérialisme, un système d’écriture rigoureux adapté aux outils informatiques de traitement sonore actuels et pouvant permettre, sans perte d’uniformité, une modification des paramètres sonores en temps réel. L’installation mécanique, quant à elle, représente le contexte physique de l’oeuvre, le débat entre les trois protagonistes. Par la manipulation du mécanisme, le visiteur, qui représente le peuple, peut se déplacer et répondre aux répliques des deux prophètes qui lui font face en agissant sur l’intensité sonore du choeur et de l’orchestre.

La machine

L’installation se présente sous la forme d’un corridor défini par deux câbles parallèles. Les différentes scènes de l’opéra se succèdent le long de ce couloir. Les deux câbles, à leur extrémité, font pivoter deux structures munies de haut-parleurs. Celles-ci représentent Moïse et Aaron. En s’engageant dans le couloir, le visiteur se trouve donc dans une situation de face à face avec ses interlocuteurs. En appuyant sur les câbles, il agit sur l’expressivité de l’orchestre et du choeur par une modification des paramètres sonores. Au gré de son avancement dans le corridor, les voix de Moïse et Aaron s’interposent, les structures des prophètes se soulèvent, les câbles se tendent, le visiteur se fait en quelque sorte couper la parole.

La musique

La pièce musicale se divise en deux parties distinctes : La voix des prophètes Les répliques de Moïse et Aaron ont été chantées par deux solistes puis enregistrées conformément à la partition originale. Leur intervention est déclenchée par les câbles selon la chronologie de l’oeuvre. La pièce orchestrale Le matériau musical est composé d’un énorme ensemble de microfragments de sons. Ils ont été classés dans une matrice sonore selon leur caractère: timbre, mode de jeu, hauteur moyenne. Leur durée varie entre 50 et 300 ms. La pièce a été écrite sur la base de ce matériau et construite de façon à laisser au visiteur le contrôle de certains paramètres musicaux. En fonction de la position du visiteur et de la pression qu’il exerce sur les câbles, l’ordinateur choisit un certain nombre de fragments dans la matrice et les assemble pour former des phrases. Parallèlement il leur donne une forme sonore en modifiant leur fréquence, leur amplitude et leur vitesse d’attaque. L’ordinateur opère en fonction du degré dramaturgique de la scène visitée.

 

 

 

soutien

  • Pourcent culturel Migros
  • Schneider Electric SA