Baïkonour Choir

Un chœur chante et des corps tombent.

Baïkonour Choir est une expérience performative avec en toile de fond les relations possibles entre la musique et le mouvement, thème sur lequel travaille Cod.Act depuis de nombreuses années.
Quelle peut être la réaction d’un chanteur confronté à un événement aussi inattendu et irrationnel que des corps en chute libre s’écrasant à ces pieds? Comment ses émotions passant de l’effroi à l’agacement peuvent-elles agir sur sa voix, sur son chant et donc sur l’œuvre musicale et lyrique?

Baïkonour Choir est une sculpture sonore et humaine puissante, aux accents étrangement galiléens.

expositions

2016

  • Jeux Olympiques de Rio, Pavillon Suisse, Rio (BR)

description

Le dispositif

Le dispositif est composé d’un chœur de douze chanteurs et de deux catapultes hydrauliques. Cachées à l’arrière du chœur, elles permettent à deux acrobates de s’éjecter à plus de sept mètres de hauteur et d’atterrir aux pieds des chanteurs. Les chutes sont les pièces maîtresses de l’œuvre. Elles déterminent son déroulement, sa musicalité et son expressivité. Elles sont travaillées avec des acrobates professionnels pour qu’elles paraissent les plus naturelles possible. Une fois au sol, les acrobates se relèvent et s’en vont, comme si leur chute était un événement totalement banal.

La musique

Le chœur interprète une œuvre vocale originale. Celle-ci s’inspire des poèmes scientifiques et philosophiques de Lucrèce interrogeant le destin de l’homme et de l’univers.

La musique s’articule autour de deux éléments forts, la narration, assurée par les chanteurs et les chutes qui génèrent de la matière électroacoustique. Ces deux éléments entretiennent une relation qui évolue progressivement au cours de la performance. Dans une première phase, leur rapport est conflictuel. Les premières chutes, inattendues, provoquent la confusion dans le chœur et perturbent la narration. Dans une seconde phase, l’apparition et la brutalité des chutes ne contrarient et n’agressent plus le chœur, celui-ci s’y accommode. Il y a rapprochement des deux éléments. Dans une dernière phase, le chœur articule sa narration en fonction des interventions électroacoustiques générées par les chutes en les intégrant dans son discours musical. Les deux éléments se retrouvent alors finalement réunis dans un jeu commun, projetant avec énergie une matière musicale vivante et physique qui combine subtilement voix et électronique.

Un système d’écriture musicale est spécialement conçu pour l’œuvre. Il propose un certain degré d’indéterminisme qui permet et qui favorise deux notions qui sont essentielles aux interventions vocales, la réactivité et l’expressivité. Le dispositif électronique a plusieurs fonctions. La première est de générer une matière électroacoustique qui s’associe à la musique du chœur. Déclenchée par l’impacte des chutes, cette matière, d’abord concrète, les accompagne en en recréant le son. Puis, au fur et à mesure de la performance cette matière s’enrichit et s’harmonise pour prendre une place toujours plus importante dans le discours musical. La seconde fonction du dispositif électronique est de capturer les voix des chanteurs et de les traiter afin que leurs timbres évoluent progressivement vers les sonorités électroacoustiques, et fusionner avec elles en fin de performance.

La structure musicale:

soutien

  • Commande l’HEMU, Haute Ecole de Musique de Lausanne
Défiler vers le hautquis risus. luctus neque. sem, odio