+ pdf Cod.Act - documentation complète (5.6 Mo)

Sous le nom de Cod.Act, André et Michel Décosterd associent leurs compétences, le premier étant musicien, compositeur et plasticien du son et le second architecte et plasticien. Ensemble, ils développent un travail artistique qui se décline sous la forme de performances et d'installations interactives. A l'origine de leur démarche, une réflexion autour du son et du mouvement et de leur possible interaction.

Depuis 1999, les plasticiens produisent des dispositifs complexes dont l'esthétique sobre et fonctionnelle évoque l'univers industriel. Empreinte de rationalité voire de radicalité, la machine se situe ainsi au cœur du travail de Cod.Act mais elle n'en constitue pas pour autant la finalité. En effet, l'œuvre visée, sonore, se trouve stockée, encodée dans la machine. Latente, elle se dévoile au public par une mise en action du dispositif, opérée soit par les artistes lors des performances, soit par le public dans le cadre des installations interactives. La machine ne délivre pas un contenu qui serait prédéfini et unique, mais elle assemble et elle organise les informations, selon des paramètres variables. Aléatoire, éphémère et multidimensionnelle, l'œuvre se révèle chaque fois différente, infinie.

Véritables centres traitant l'ensemble des informations qui leur sont destinées, basées sur un processus de transformation, les machines de Cod.Act traduisent le mouvement physique en un phénomène sonore. Parfois laborieuse (par exemple peller ou tirer un bloc de roche), l'action effectuée par les artistes, notamment dès Siliknost1 ,devient sujet de la performance. Réitéré jusqu'à l'épuisement, le geste codifié et relayé par la machine génère une œuvre musicale dense et complexe qui se répand avec force dans l'espace. La trivialité et la répétition du geste contrastent avec la subtilité de l'œuvre; la banalité se trouve transgressée, l'absurdité devient pertinence. Audacieuse, cette transformation contient précisément la dimension poétique du travail des artistes.

Maryline Billod, avril 2007